Prochaine exposition PLP au Son’: Pascal Pillard

Pascal Pillard, diplômé des Beaux- Arts de Paris et ancien élève de Vladimir Velickovic, est une figure active de la scène artistique contemporaine depuis plus de vingt-cinq ans.

Lors d’une résidence en Australie, il prend conscience de la fragilité de l’environnement face aux activités humaines. Ce vaste pays, apparemment robuste, peut voir ses écosystèmes déstabilisés par l’intervention humaine, ce qui engendre des perturbations à plus grande échelle. Cette révélation le pousse à adopter une approche pluridisciplinaire dans son art, cherchant à révéler les structures et motifs récurrents qui unissent la nature et l’humain.

L’expérimentation d’un médium éco-responsable Amatxi, créé par Mathilde Vidal, a profondément transformé la pratique artistique de Pascal Pillard. Dès sa première utilisation, cette matière fluide et indomptable s’est imposée comme une force vivante. Il a alors ressenti une connexion immédiate avec cet « élixir de nature », comme s’il ne peignait plus seul. Ce médium marque un retour aux origines du geste pictural, une approche instinctive et presque primitive où l’artiste redevient un peintre rupestre.

Son processus de création se veut épuré : du noir de vigne sur une toile de lin, du fusain, quelques feutres japonais. Tout est pensé pour s’accorder à la spontanéité du matériau.

Sa technique artistique s’articule en deux phases distinctes. Dans un premier temps, il adopte une gestuelle libre et instinctive, semblable à une danse rituelle, se déployant avec énergie sur le support. Il applique les médiums éco-responsables à l’aide de larges brosses, des cordes ou directement avec ses mains. Intervenant parfois sur des plaques de verre ou des bâches de récupération, il les presse ensuite contre la toile, dans un processus d impression.

La seconde phase, plus méditative, exige une concentration accrue. Pascal Pillard procède alors à un dessin d une précision méticuleuse, oscillant entre abstraction et figuration, selon la façon dont la peinture évolue en séchant et ce qu’elle lui inspire. Parfois, c’est la matière qui guide le dessin, parfois, c’est le dessin qui vient révéler la matière.

Grâce à ce travail en deux temps, l’artiste réussit à réaliser son souhait le plus cher depuis ses débuts, réunir réellement et de façon interactive la peinture et le dessin dans une seule et même œuvre.

Restaurant Son’ – 14 rue Paul Louis Lande, Bordeaux